Sécurité routière : le gouvernement français se trompe


25 Mar
25Mar

En dépit de la multiplication des contrôles routiers, des radars automatiques, de zones à vitesse modérée, on ne peut pas dire que la politique des gouvernements français successifs soit efficace face à la délinquance routière, pas plus qu’elle n’a de résultats dans la lutte contre la mortalité sur les routes. Elle est tout juste bonne à remplir les caisses de Paris, comme le reste de la politique de drainage des richesses mise en place par la machine France.

Le comportement des automobilistes est à l’image de l’évolution de la société en général où l’individualisme et l’esprit consummateuriste règnent en maître : des véhicules puissants, peu d’égard envers les autres, la sensation d’être le meilleur… Bref, une société qui doit rapidement relever la tête.

La prévention a un impact certain mais ne touchera jamais tout le monde. Nous sommes actuellement dans une société où depuis la petite enfance, il faut répéter sans cesse les mêmes consignes, individuellement, bien que ça ne suffise plus.

 

Alors, pourquoi le gouvernement se trompe ?

 

Les constats et les solutions :

 

Il est nécessaire de s’attaquer à la source du problème. Qu’est-ce qui rend la circulation difficile ? Les comportements, la méconnaissance du Code de la route et l’absence de sanction des incivilités devenant de « mauvaises habitudes validées par le plus grand nombre ».

1/ Un réseau anxiogène à réformer :

-         Les routes des villes deviennent balnéaires à la demande des retraités venus d’ailleurs. Jonchés d’obstacles (ralentisseurs, voies rétrécies, chicanes, ronds-points minuscules…), le réseau routier urbain génère des tensions entre les professionnels (utilisateurs actifs), les retraités et les touristes ;

-         Les voies de dépassement se font de plus en plus rares, ainsi que les zones d’arrêt d’urgence. Les automobilistes « impatients » ne peuvent donc pas dépasser et les accrocs du téléphone ne peuvent s’arrêter. Non pas que leur comportement soit légitime mais il faut savoir juguler les tensions et… la circulation routière ;

-         De ce fait, les doubles voies à l’entrée des giratoires et des carrefours se muent en zones de dépassement, parfois illégalement à droite. Les sorties de ronds-points comme toutes les zones passant de deux voies en une seule forment un goulet et se trouvent bloquées par l’indiscipline ambiante. Cela démontre bien souvent le niveau global d’analyse de la situation sur la route : les automobilistes pressés enrayent paradoxalement toute la circulation en voulant se rabattre.

 

Il conviendrait ainsi de supprimer toutes ces sources de conflits et de rendre plus sereine la circulation routière. La régularité sur la route est source de sérénité et d’économie d’énergie : moins de coups de freins, moins d’accélérations…

 

2/ Cibler les comportements incivils : l’intervention des forces de l’ordre en agglomération

Il n’est pas normal que seuls les automobilistes dépassant de quelques kilomètres la limitation de vitesse dans des tronçons sécurisés soient sanctionnés. Voire même que ce n’est que très peu utile. Or, si c’est pour faire du chiffre, il y a matière à faire rentrer du numéraire à chaque intersection ou sur nos rues et boulevards. La mesure gouvernementale de descendre la vitesse de 90 km/h à 80 km/h ne fera qu’accroître les crispations et s’avère complètement crétine lorsque les véhicules sont de plus en plus puissants.

Il ne faut pas perdre de vue que la vitesse n’est que le facteur aggravant de comportements dangereux. Celui qui conduira n’importe comment son véhicule multipliera les chances de provoquer des accidents mortels à grande vitesse.

 

3/ Les mesures globales à prendre :

En résumé, il n’y a donc pas de mystère, les solutions sont politiques, simples et dépendent de votre choix dans les urnes. Choisissons :

-         Les contrôles aléatoires sur les routes (vitesse, alcool, drogue et respect des priorités) en donnant plus de moyens aux forces de l’ordre en ce domaine précis ;

-         La suppression de la majorité des ralentisseurs, des radars automatiques et l’élargissement généralisé des voies ;

-         La formation des agents de police et de la gendarmerie au Code de la route : je dois bien avouer qu’en plus de vingt ans de conduite, je n’ai jamais observé une voiture de police ou de gendarmerie respecter le Code de la Route plus d’une minute, hors interventions d’urgence (encore moins pendant mais cela est compréhensible) ;

-         Le retour des bons vieux agents de la circulation ;

-         La refonte du réseau routier : suppression des « zones à conflits », instauration de voies de dépassement et d’arrêts d’urgence, réaménagement des routes prévues pour une circulation à vitesse modérée à rapide et surtout continue ;

-         La restauration de voies d’accès à 70 ou 90 km/h entre les écarts d’agglomération. Il n’est pas normal de rouler à 30 km/h d’un village à un autre, ou entre son domicile, son lieu de travail et l’agglomération principale ;

-         Des sanctions plus sévères aux intersections et aux giratoires ainsi que pour tout comportement dangereux à plus grande vitesse (ceci devrait être traité prioritairement plutôt que le simple excès de vitesse) ;

-         La confiscation des véhicules des chauffards pour un temps déterminé et définitivement lors de récidives (et oui, M. le premier ministre, contrôlé à 155 km/h !) ;

-         Le respect mutuel des usagers de la route : piétons et deux roues devront aussi accepter que l’usage de véhicules polluants est utile pour aller travailler. Finis les vélos sur les boulevards dotés d’une belle piste cyclable, finis les comportements inconscients des deux roues motorisées.

 

 

La quasi-totalité de ces mesures n’existe pas. L’incivilité est la principale cause de la mortalité routière et est pourtant la seule non sanctionnée. La pédagogie passe parfois par une présence plus forte à la source des problèmes, notamment à travers la sanction éducative.

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