Des clichés à la pelle sur le projet de Notre-Dame-des-Landes.


13 Dec
13Dec

Parmi les arguments des pro-aéroport :

- Un vote démocratique a eu lieu et la population est favorable à sa construction : 27,80 % des inscrits de Loire-Atlantique seulement ont voté OUI pour le transfert de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, soit 5,29 % des inscrits impliqués dans ce « Grand-Ouest ». Le tout après force propagande, surtout dans Ouest-France et France 3 Ouest. Plus on s’éloigne du site, plus le vote est contre l’aéroport de NDDL. Les promesses faites aux communes riveraines ont fait basculer localement le vote en faveur du Oui. Les élus qui martèlent le « Grand-Ouest » savent pertinemment que ni la partie Est du Maine, ni l’Anjou, ni la Basse-Normandie ne se détourneraient des aéroports franciliens. Ils voteraient contre cet aéroport. Ils sont pourtant inclus dans le projet Grand-Ouest de l’aéroport. Au fond d’eux-mêmes, les partisans politiques du Grand-Ouest savent bien qu’il n’y a aucune existence humaine, historique, politique, économique, naturelle… motivant un aéroport pseudo-international (Europe jusqu’à la Russie, Afrique du Nord) à cet endroit.

- Le transfert de Nantes-Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes : il n’a jamais été question d’un transfert, contrairement à ce que l’on peut lire ou entendre sans cesse. La fermeture de Nantes-Atlantique à Bouguenais n’est pas envisagée.

- Le coût de la réhabilitation de Nantes-Atlantique équivaudrait à la construction de NDDL selon le dernier rapport des médiateurs : le rapport ne tient pas compte des coûts d’aménagement et d’accès au site de NDDL. En effet, aucune route importante, aucune ligne ferroviaire n’existent pour se rendre au site. Le rapport mentionne une réhabilitation de Nantes-Atlantique moins coûteuse que les travaux de construction du nouvel aéroport : l’équivalence de coût mentionné révèle que s’y ajouteraient des indemnités que l’Etat devrait verser au promoteur Vinci suite à l’annulation du projet. Autrement dit, on payerait pour l’erreur des élus et leur obstination.

- Les nuisances que causeraient l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique sur l’environnement au Sud de Nantes pourraient être réglées par sa fermeture : cet argument est notamment fortement avancé par les promoteurs immobiliers. Ces derniers comptent bien investir sur les rives de la grande réserve naturelle du lac de Grand-Lieu, le plus grand lac de Bretagne.

 

Du côté des anti-aéroport :

- La Bretagne n’a pas besoin d’aéroport international : à vérifier. L’Irlande en possède trois pour une population proche. Certes, c’est une île mais la Bretagne une péninsule. Casser le centralisme français nous permettrait bien de respirer. A l’heure où le Grand Paris est en construction, qu’il sera très coûteux, les médias relaient les « besoins » des transports publics parisiens que nous avons déjà tous très largement financés. Parallèlement, le centralisme se renforce à travers la baisse des dotations et la suppression de la taxe d’habitation ; il serait plus que temps de penser à nous. En effet, nous sommes très loin des équipements de nos voisins français et européens. Les entreprises passent actuellement par les aéroports parisiens pour les déplacements internationaux et de nombreux représentants et chefs d’entreprises témoignent de la lourdeur d’emprunter de lointains aéroports.

- La construction de l’aéroport détruira des terres agricoles, le bocage et des espaces naturels fragiles à protéger : certainement ! Toutefois il y a bien des endroits en Bretagne où des zones naturelles sont anéanties sur des surfaces aussi importantes et personne ne dit mot. C’est le cas notamment aux abords du Golfe du Morbihan où les atteintes irréversibles à l’environnement sont banalisées.

- La mise en réseau des aéroports bretons permettrait de pallier un éventuel besoin d’aéroport international : c’est impensable en termes de correspondances et bien compliquer à organiser sur un territoire de plus de 35 000 km2. Rappelons que le réseau routier et ferroviaire est à la hauteur de ce que l’on peut faire à partir des miettes que Paris veut bien nous laisser. Nous n’avons également aucun pouvoir de décision au niveau de la Bretagne.

- Les « citoyens » regroupés en collectif(s) peuvent empêcher le projet : encore faut-il que cet esprit « citoyen » ne plébiscite pas trop la soumission à l’Etat centraliste renforcé après la Révolution française. C’est autrement dit le serpent qui se mord la queue. Un combat dénué de revendications identitaires fait la promotion de l’insipide Grand-Ouest, outil d’une France ethnocide et par conséquent serviteur de la mondialisation économique.

 

Encore une fois, un aéroport civil et militaire comme Lann-Bihoué, près de Lorient, est une piste à creuser : il est sous exploité et a des capacités d’agrandissement certaines, étant proche de grandes voies de communication donnant sur toute la Bretagne, notamment maritimes.


Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.