Vannes, des caravanes d’hébergement d’urgence contre l’expulsion de résidents vannetais


25 Sep
25Sep

Carole vient de recevoir d’un juge un avis d’expulsion : elle habite au Pargo depuis 18 ans et est à jour de tous ses loyers mais elle a eu pour seul « tort » d’avoir alerté sur la présence de voisins indélicats à bien des égards. Malgré des constats d’huissiers et des promesses de soutien d’élus, elle est contrainte sous la menace de l’emploi de la force de quitter les lieux et de verser au passage de lourdes sommes d’argent. Ses biens personnels et ses meubles seront transportés et stockés dans un lieu encore inconnu. Aucun autre hébergement ne lui est proposé, cette femme est abandonnée à son sort.

Et ces jours-ci, d’autres voix crient leur détresse : Maryse, Mickaël, Yann… seront jetés à la rue avant la trêve hivernale. Françoise est quant à elle hébergée par un réseau d’amis de bonne volonté depuis deux ans. Elle avait été expulsée après avoir dénoncé l’état de vétusté de deux immeubles de Vannes (Avel dro et Montaigne). Des travaux de rénovation en plein hiver, privant des résidents de commodités et d’intimité, prenaient des airs d’expédition punitive.

A Vannes, face à la spéculation immobilière, une politique du logement social inadaptée et un manque de courage politique certain, les Vannetaises et les Vannetais sont chassés sans ménagement ! Une population plus aisée s’installant en maîtres, un marché du travail restreint aggravé par une centralisation française de toutes les richesses, rendent difficile l’accès des actifs locaux au logement.

Alors, nous avons pris la ferme décision de loger ces personnes traitées comme des parias dans des caravanes. Nous proposons d’installer deux aires d’hébergements : l’une rue Charcot*, face au siège de Vannes Golfe Habitat, et l’autre autour des bureaux de Vannes Agglo dans le Parc d’Innovation Bretagne Sud.


Il en va de la dignité de toutes et tous de soutenir ces personnes et l’initiative. Il y a toujours une façon de se mobiliser, ne serait-ce qu’en commençant par informer autour de soi ou encore de se déplacer pour un rassemblement. Il y a des efforts minimaux qui ne sont pas difficiles à effectuer. Sachons nous regarder dans la glace : il pourrait s’agir de votre mère, de votre père, de votre sœur, de votre frère… Ne laissons pas faire !


Bertrand Deléon.


* Ce qui répondrait enfin à la demande des riverains de passer cette ancienne étroite route d’impasse en sens unique. En effet, cette voie devenue très accidentogène joue désormais le rôle d’accès à des résidences où logent plusieurs centaines d’habitants et c’est aussi un raccourci très emprunté pour éviter les feux de l’intersection entre la rue des Vénètes et le boulevard de la Résistance. 

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