28 Jun
28Jun

Il devient usant d’entendre parler de réserves d’eau menacées tout en voyant des élus, des associations comme Eau et Rivières, et même certains climatologues ou hydrogéologues, passer à côté de l’enjeu principal. Et ce ne sont pas les pseudo‑réhabilitations de zones humides, de lits de rivières ou d’aménagements de berges qui changeront la donne.
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Je vais prendre un exemple très local, qui reflète d’autres situations plus vastes mais reposant sur une logique identique.

Il y a 30 ans, le ruisseau de Botquelen (Bod Kelenn), sur la commune d’Arradon, avait un débit soutenu et sa source ne tarissait jamais, même lors des épisodes de sécheresse. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un mince filet d’eau, souvent à sec, y compris hors des périodes estivales.

Pour comprendre ce phénomène, il faut regarder comment est organisé son bassin versant, en amont de sa source principale. Voici une superposition d'une vue aérienne et de la carte topographique IGN. 

- La source principale du ruisseau est cerclée de rouge. Le tracé du ruisseau en bleu. 

- La zone orangée correspond au plateau, situé plus en hauteur, qui reçoit les eaux pluviales et leur permettent de s'infiltrer dans les sols et les micro‑fissures des roches. C’est là que s’opèrent les échanges avec le couvert végétal : les arbres limitent l’évaporation, favorisent la pénétration de l’eau et participent à sa purification. Cette zone joue donc à la fois le rôle de réservoir et de filtre naturel. 

- Les flèches jaunes indiquent la convergence des flux hydrogéologiques en direction du point de résurgence (la source). 

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Or, que remarque-t-on ?

Une grande partie de la zone d’infiltration a été urbanisée. Les constructions et leurs terrassements profonds perturbent les circulations verticales, réduisent fortement l’infiltration et suppriment définitivement des capacités naturelles de stockage. Ces volumes retirés sont des mètres cubes entiers qui faisaient autrefois partie du fonctionnement hydrologique du site.

Ici, il ne s’agit pas d’une nappe phréatique au sens strict, mais d’un bassin versant superficiel, typique de la Bretagne, où l’eau circule dans les sols, les horizons organiques et les micro‑fissures du substrat. En détruisant ces volumes d’infiltration et de rétention, on a amputé le bassin versant de sa capacité à se recharger et à alimenter durablement la source. 

Une maison de retraite a même été implantée directement au‑dessus de la source (Park Born), à une centaine de mètres, sur la dernière zone de convergence des écoulements encore active. Ses fondations profondes interrompent les flux et introduisent des risques de contaminations (lessivage des surfaces, fuites d’eaux usées, hydrocarbures, produits d’entretien, mais aussi résidus alcalins issus du béton - hydroxydes, carbonates et particules fines - qui altèrent directement la qualité de l’eau).

Si la source se tarie, ce fonctionnement modifié fait qu’à l’inverse, lors de fortes pluies, l’eau ne pouvant plus s’infiltrer faute de régulateur naturel, elle ruisselle brutalement en surface, accélère les écoulements et provoque des crues soudaines.

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À travers cet exemple pédagogique, on mesure l’ampleur des dégâts irréversibles et les véritables enjeux prioritaires, bien éloignés des bricolages dont nos élus ont fait leur ligne de conduite : tels que la fermeture d’activités dites “aquavores” (Bret's dans la communauté d'aggomération de Pontivy), les restrictions mal ciblées, ou encore les projets de mégabassines aussi coûteux qu’inefficaces.


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